Image : fabiosacdn

Parfois privilégiés par le sexe féminin pendant la menstruation, les tampons hygiéniques ont souvent été pointés du doigt. En cause, des risques de choc toxique pour les jeunes femmes liés à une propagation de staphylocoques dorés. Si cette condition est rare, elle n’en est pas moins dangereuse et peut entraîner de lourdes conséquences pour la santé, comme le démontre le cas d’une adolescente canadienne. À 16 ans seulement, son décès avait suscité l’intérêt de nombreux médias et pour cause, elle serait morte du syndrome du choc toxique.

C’est en 2017 que la mort de Sara Manitoski a défrayé la chronique. La lycéenne de 16 ans est morte le 15 mars lors d’un voyage scolaire et a été retrouvée par ses camarades de classe après leur réveil. Si les circonstances de son décès ont suscité l’incompréhension parmi les élèves, le rapport des médecins légistes ne tardera pas à éclaircir la situation. Selon ces derniers, la jeune fille a succombé au syndrome du choc toxique (CTS), une maladie infectieuse qui touche essentiellement les femmes qui ont recours aux tampons ou aux coupes menstruelles.

Les circonstances de son décès

Sara Manitoski a été retrouvé sans vie par ses camarades de classe pendant un voyage scolaire. S’étonnant de ne pas la voir présente lors du petit-déjeuner, ces derniers sont allés dans sa chambre pour la réveiller mais il était malheureusement trop tard. L’adolescente était inanimée dans son lit et serait morte pendant la nuit.

ouest-france

L’une de ses amies aurait entendu des gémissements pendant son sommeil, mais cela ne l’avait pas inquiétée outre mesure. Sara se serait plainte de douleurs au ventre la veille de son décès et aurait peu mangé ce soir-là.

Le syndrome du choc toxique

Selon le rapport des médecins légistes, l’adolescente qui était en bonne santé, en plus d’être sportive, serait morte subitement du syndrome du choc toxique. Connu sous l’acronyme CTS, ce dernier caractérise une maladie infectieuse aiguë, provoquée par les toxines du staphylocoque doré qui pénètrent dans le sang. Cette bactérie fortement pathogène serait présente chez 15 à 30% des porteurs sains, mais peut s’avérer hautement dangereuse si la personne ne dispose pas des anticorps nécessaires pour la combattre, généralement des jeunes femmes selon Ouest-France. Cette condition nécessite une prise en charge médicale immédiate et un traitement antibiotique administré par voie directe dans le sang.

Dans le cas de Sara, le média rapporte que la souche bactérienne aurait été retrouvée dans son tampon. Selon les médecins, elle ne serait peut-être pas morte si elle n’en avait pas porté ce jour-là. “Le tampon n’est pas la cause unique du choc toxique, nous savons qu’il y a un lien entre les deux. Mais c’est extrêmement rare. Nous savons que c’est cette bactérie qui pose problème, et qu’en cas d’utilisation prolongée d’un tampon, le risque de développer une infection plus étendue est augmenté », ont-ils expliqué.

En effet, la présence d’une coupe menstruelle ou d’un tampon peut offrir un terrain propice à la multiplication du staphylocoque dans l’organisme. Selon le centre national de référence en France, le nombre de chocs toxiques d’origine menstruelle avoisinait les 20 cas par an entre 2011 et 2016. Ses symptômes seraient similaires à ceux de la grippe et impliquent généralement:

  • Nausées
  • Fièvre
  • Vomissements
  • Diarrhées
  • Étourdissements
  • Eruptions cutanées
  • Perte de connaissance
  • Déshydratation

Comment limiter les risques ?

Selon une étude publiée sur le Bulletin épidémiologique hebdomadaire par Santé Publique France en janvier 2018, certaines précautions sont essentielles pour réduire les risques de syndrome du choc toxique, à savoir:

  • Le lavage des mains à l’eau et au savon avant de retirer/insérer un tampon ou une coupe menstruelle
  • Ne pas avoir recours aux tampons en cas de diagnostic préalable de CTS
  • Veiller à ne pas oublier son tampon à l’intérieur du vagin
  • N’utiliser des tampons qu’au pouvoir absorbant minimal
  • Eviter de porter des tampons pendant la nuit et en changer toutes les 4 à 8 heures
  • Alternet le port de tampons et de serviettes hygiéniques
  • N’utiliser le tampon que pendant les menstruations