Dans un entretien accordé à l’hebdomadaire Paris-Match, le président de la République rejette l’idée d’un nouveau confinement généralisé pour éviter des «dommages collatéraux considérables»P

La rentrée approche, Emmanuel Macron se livre. Avant de rentrer à Paris pour présider un conseil des ministres consacré au plan de relance post-covid, le président de la République a reçu l’hebdomadaire Paris-Match dans sa résidence estivale du fort de Brégançon. L’occasion pour le chef de l’État de livrer quelques confidences, notamment sur l’évolution de l’épidémie de coronavirus qui provoque de fortes inquiétudes dans le pays.

Face à la menace, l’hypothèse d’un reconfinement resurgit. «On ne s’interdit rien», assure Emmanuel Macron en écartant toutefois l’idée de recourir à nouveau à un reconfinement généralisé. «Ce que l’on veut éviter, c’est d’être débordé. Nous avons des stratégies très localisées, comme ce qui s’est passé en Mayenne, et qui peut aller jusqu’à un reconfinement ciblé qu’on pourrait instaurer si la situation l’imposait». Comme à Pékin au début de l’été, lorsque les autorités chinoises avaient confiné la population à Pékin face à la menace d’une reprise épidémique. Ou comme à Auckland récemment pour les mêmes raisons. Mais pas question d’arrêter à nouveau le pays comme en mars.

«On ne peut pas mettre le pays à l’arrêt, parce que les dommages collatéraux d’un confinement sont considérables, prévient Emmanuel Macron . Le risque zéro n’existe jamais dans une société. Il faut répondre à cette anxiété sans tomber dans la doctrine du risque zéro». Par rapport au mois de mars, le chef de l’État estime que c’est désormais aux Français de se prendre en main en systématisant le recours aux gestes barrières pour endiguer la propagation du virus. S’ils ne sont pas encore entrés complètement dans les mœurs, les Français les connaissent beaucoup mieux qu’il y a cinq mois, au début de l’épidémie. «Nous sommes les coacteurs de cette lutte, tous ensemble, contre le virus : par le masque, par le respect de la distance physique, par l’hygiène…», explique-t-il.

Pour lutter contre une reprise épidémique, le président de la République peut s’appuyer sur son nouveau premier ministre Jean Castex, celui qu’il avait choisi pour organiser le déconfinement avant de le nommer à Matignon. Emmanuel Macron revient d’ailleurs sur les raisons qui ont motivé ce remaniement et la réorientation de sa politique. «Nous sommes à un moment de respiration qui nécessitait pour ce nouveau chemin une nouvelle équipe, sans renier ce qui a été fait pendant trois ans, explique le chef de l’État. Il y a peut-être plus de complémentarité dans ce gouvernement, avec des personnalités fortes qui ont un ancrage territorial. Penser que cela permet au président d’être plus protégé ou de se décharger, ce n’est pas vrai, et mon objectif n’est pas de me protéger mais de poursuivre l’action engagée». Ce sera l’un des objets de le rencontre Entre Emmanuel Macron et Jean Castex. Pour préparer la rentrée, le premier ministre se rend vendredi au Fort de Brégançon.