coronavirus-il-y-aurait-plusieurs-cas-davc-chez-des-jeunes-asymptomatiques

Image : gumlet

La pandémie du Coronavirus rend perplexe par son imprévisibilité et la nature de son développement. Chose qui oblige la communauté scientifique à mettre à jour quotidiennement le flux de data relatif aux caractéristiques de ce virus sans précédent. Alors que chez les jeunes adultes atteints, les répercussions de la maladie semblaient être relativement bénignes dans la plupart des cas, des médecins ont récemment tiré la sonnette d’alarme après la découverte de ce qui pourrait être un symptôme neurologique du covid-19. Le Washington Post étaye un phénomène jusque-là inconnu.

Toux, fièvre, fatigue, courbatures, voilà les symptômes les plus fréquents d’une infection au nouveau coronavirus. Si les personnes les plus à risque peuvent développer des formes graves de la maladie, selon l’Institut Pasteur, 30 à 60% des personnes infectées ne présentent pas de symptômes.

Et si ces derniers étaient exposés à un risque plus important ? C’est en tout cas ce que suggère certains neurologues. La raison ? Une hausse des cas d’AVC dans la population jeune, atteinte du covid-19.

Des accidents neurologiques à New York

Des accidents neurologiques chez des patients atteints du covid-19 et âgés de 30 à 50 ans ont été rapportés Outre-Atlantique, a révélé le Washington Post dans un article publié le 25 avril. Trois jours plus tard, une étude de cas, publiée dans le New England Journal of Médicine traite cette question plus en détail.

Selon les auteurs, 5 patients atteints du covid-19, âgées entre 33 et 49 ans, ont été victimes d’un AVC à domicile entre le 23 mars et le 7 avril. L’un d’entre eux est mort, un est en rémission, deux sont toujours à l’hôpital, seule une personne peut aujourd’hui communiquer normalement. Il s’agit d’une femme, âgée de 33 ans qui présentait des symptômes légers de la maladie : toux, maux de têtes et frissons.

En France aussi

Selon la Dépêche, des cas similaires ont également été rapportés en France. Le Dr Benoit Guillon, responsable de l’unité neurovasculaire au CHU de Nantes, explique que ces mêmes accidents neurologiques ont été signalés dans l’Hexagone.

Puis de préciser que cette hausse des cas d’accident vasculaire cérébrale dans la population jeune est « sans cause déterminée, sans pouvoir confirmer de lien avec le covid-19 ». Et pour cause, « le manque de recul sur cette incidence ».

Si ces cas sont relativement rares, le Pr Guillon préfère faire preuve de prudence. Il explique que les médecins neurologues vasculaires ont donné l’alerte par précaution. Et d’annoncer : « Des patients jeunes positifs au covid-19, sans facteur de risque, semblent présenter des tableaux atypiques avec des thromboses, des occlusions artérielles relativement diffuses, assez inhabituelles ».

Dernière constatation et non des moindres, ces patients sont pour la plupart paucisymptômatiques voire asymptomatiques. C’est-à-dire qu’ils ne présentaient que peu ou pas de symptômes.

Quelle explication à ces phénomènes ?

Alors que le coronavirus n’a toujours pas dévoilé tous ses mystères à la communauté scientifique, en voilà un qui s’ajoute à la liste. Pour le Professeur Guillon, « soit les patients asymptomatiques déclarent cet accident vasculaire cérébral alors que l’infection au coronavirus a déjà bien évolué.

Soit cette grave complication neurologique constitue une porte d’entrée à la maladie ». Il ajoute que peu importe à quel moment survient le covid-19, ce risque doit impérativement être pris en compte afin de « dépister le coronavirus au plus tôt et pouvoir couper les chaînes de contamination ».

Pour le Dr Thomas J.Oxley, dirigeant de l’étude de cas qui a étayé ce phénomène, il est indispensable que d’autres études soient mener. Il continue : « Il me semble trop précoce de considérer que ces AVC chez les jeunes, qui surviennent encore très rarement, sont liés au covid-19 ».