Les autorités n’excluent pas de reconfiner localement une partie du pays en cas de diffusion plus importante du coronavirus et si les gestes barrière ainsi que certaines limitations de déplacements ne suffisent pas.

 Des habitants portant un masque, à Laval (Mayenne), samedi 18 juillet 2020.
Des habitants portant un masque, à Laval (Mayenne), samedi 18 juillet 2020. LP/Guillaume Georges

Par Nicolas BerrodLe 21 juillet 2020 à 14h28, modifié le 21 juillet 2020 à 15h06

« Tous les scénarios de reconfinement sont aboutis. » Invité de France Info lundi matin, Olivier Véran l’a rappelé : si les gestes barrière, le port du masque ainsi que le traçage des malades et de leurs contacts ne suffisent pas à contrôler la circulation du virus, le gouvernement n’exclut de reconfiner une partie du pays. Ce qu’on déjà fait plusieurs de nos voisins, comme l’Allemagne et l’Espagne.

« Si une nouvelle vague arrivait, nous devrions isoler le plus localement possible et donc le plus vite possible », a aussi indiqué Emmanuel Macron lors de son interview, le 14 juillet. Alors, à quoi faut-il s’attendre en cas de reconfinement local?

Les quatre scénarios du Conseil scientifique

Depuis plus un mois, la Direction générale de la santé a préparé des « mesures spécifiques à chaque situation qui pourrait se présenter pour mettre en place des organisations spécifiques, différenciées, ciblées ». Les autorités ont mouliné la traduction « opérationnelle » de l’avis rendu le 2 juin par le Conseil scientifique. Celui-ci avait établi quatre différents scénarios, allant d’une « épidémie sous contrôle associée à l’occurrence de clusters localisés pouvant être maîtrisés » jusqu’à une « perte de contrôle de l’épidémie ».

Pour connaître la situation dans laquelle se trouve chaque partie du territoire, plusieurs indicateurs sont examinés quotidiennement et conjointement : le nombre de reproduction (« R »), le taux d’incidence, le nombre hospitalisations, etc.

Le scénario dans lequel on semble se trouver aujourd’hui est le deuxième, intermédiaire, avec des « clusters critiques laissant craindre une perte de contrôle des chaînes de contamination ».

« Des étapes supplémentaires pourraient être décidées »

Dans plusieurs départements, comme la Mayenne et le Finistère, d’importants foyers de contamination ont été détectés ces dernières semaines. Dans ce cadre, « un confinement localisé doit être envisagé suffisamment tôt », pointaient les experts du Conseil scientifique le 2 juin. L’objectif est triple : « limiter la circulation des individus résidant dans le territoire identifié », « renforcer de façon importante les mesures barrière dans ce territoire », « maintenir une activité à l’exclusion de celle des lieux de convivialité ».

« Nous avions travaillé avec le Conseil scientifique avant même le déconfinement. […] Il y a des mesures qui sont appliquées dans différents coins de notre territoire », a souligné Olivier Véran lundi. C’est déjà le cas, notamment, en Mayenne. Le port du masque y a été rendu obligatoire dans les lieux publics clos trois jours avant l’entrée en vigueur de la mesure en métropole, tandis que les rassemblements y sont de nouveau fortement limités. Parallèlement, les capacités de dépistage ont été renforcées et les habitants ont été incités à se faire tester.

Une ville, un département ou une région entière ?

Mais les bars et restaurants sont restés ouverts et la population n’est pas contrainte à un confinement aussi strict à celui que toute la France a connu du 17 mars au 11 mai, loin de là. Du moins, pas pour le moment. Car la Direction générale avertit : « En fonction de l’évolution, et si la situation l’exigeait, des étapes supplémentaires pourraient être décidées afin de renforcer encore la limitation de la diffusion virale ou de renforcer encore le système de santé face à de nouvelles hospitalisations », indique-t-elle au Parisien.

Cela pourrait passer par une nouvelle limitation des déplacements, une interdiction des rassemblements, voire une nouvelle fermeture des restaurants et des bars, selon France Info. Ce que ne confirme pas la DGS, évoquant de simples hypothèses de travail. Impossible de savoir, également, si un reconfinement serait décidé au niveau d’une ville, d’un département (le plus probable), ou d’une région.

Un reconfinement général exclu ?

Dans son scénario 3, celui d’une reprise « à bas bruit » de l’épidémie, le Conseil scientifique recommande « d’activer les mesures du plan de prévention et de protection renforcé ». Y figurent notamment, en plus des mesures recommandées dans le scénario 2, une incitation aux personnes à risque à se confiner volontairement et une « assistance particulière » aux populations en situation de grande précarité pour qu’elles se fassent dépister plus facilement.